vendredi 6 octobre 2023

IWAK 2023 # 6 Doré

 

As-tu déjà rencontré quelqu’un aux yeux dorés ? C’est peut-être plus beau que les yeux bleus, finalement un peu banal. C’est profond, on a envie de s’y perdre ; lumineux, ils éclairent un visage de l’intérieur, qui le rend solaire ; envoûtant, car assez rare, et on ne peut s’empêcher de les remarquer, car ils attirent l’attention. Faut-il encore regarder les yeux, regarder dans les yeux. Il paraît que les américains supportent très mal qu’on les regarde, notamment dans les yeux. C’est une agression physique, une violation de leur sphère intime (c’est une prof de français aux US qui me le racontait, et qui prévenait ses étudiants qui venaient à Paris de ne pas se sentir surpris si on les regardait avec un peu d’insistance dans le métro, que c’était monnaie courante à Paris).

Mais je m’égare, c’est vrai que les yeux dorés sont rares. Corto Maltese a je crois les yeux dorés. Ou je confonds avec le personnage de Bouche Dorée (qui n’a pas les yeux dorés par contre). Je pense qu’en fait ce sont des yeux plutôt noisettes, qui se mettent à dorer avec une certaine lumière. Ou des yeux verts qui s’éclaircissent avec un rayon de soleil.

Mes yeux sont parfois verts, parfois gris, parfois noisettes, en fonction de la lumière. Mais ils n’ont jamais été dorés. En tous les cas, on ne me l’a jamais dit.


Pour en savoir plus sur Inktober with a keybord (Iwak), cliquer ici. A la base il s'agit de produire un dessin ou une ébauche, une illustration, un lettrage, une calligraphie ou une typographie mais comme je ne sais dessiner qu'avec des mots, il s'agira pour moi comme pour d'autres blogueurs de publier en octobre un billet par jour sur le thème défini dans la liste. A retrouver aussi chez Matoo et Estef .

jeudi 5 octobre 2023

IWAK 2023 # 5 Carte

 J’ai toujours aimé les cartes, invitation aux voyages. Enfant, je passais des heures à repérer des pays aux noms étranges, en tous les cas peu familiers pour moi, à identifier des villes inconnues, Astana, Erevan, Tbilissi, Chengdu, Zanzibar, Maputo, Asuncion, et tant d’autres. Ma préférée était Hobart, en Tasmanie, qui me semblait le bout du monde (c’est vrai que pour nous, européens, c’est le bout du monde). Je me demandais comment on établissait des cartes, tant et si bien, que mon bac passé, je m’étais inscrit en fac de géographie (que je n’ai finalement pas suivi, pour suivre un autre cursus). Je ne me doutais pas que mes pas me conduiraient un jour vers certaines de ces villes. Enfin, non, je savais en fait, j'avais décidé que je passerai une partie de mon temps à arpenter le monde pour donner une réalité à ses cartes et confronter mon imaginaire à cette réalité. Parfois, c’est décevant. Mon premier contact avec Athènes a été une grande claque, moi qui naïvement pensait trouver une ville où l’Antiquité était partout. Elle l’est en fait, mais noyée dans le modernisme d’une ville à l’urbanisme contemporain, bruyant, pollué. Aujourd’hui, je l’adore, mais j’ai dû l’apprivoiser. En fait, c’est comme ca pour de nombreux lieux. A l’inverse, j’imaginais Mexico comme une ville du tiers-monde, désorganisée, sale, et ai été étonné de découvrir une ville très occidentale, américaine presque, avec des réminiscences espagnoles (même si parfois, c'est un joyeux bordel).

A l’heure du réchauffement climatique, où nous devrions moins prendre l’avion, les cartes vont continuer à développer avec encore plus de force leur pouvoir sur nos imaginaires. Tant mieux !


D’ailleurs, j’aime aussi les cartes imaginaires, comme celles dessinées par les veines, les rides sur les corps. Toujours excitant d’en suivre les frontières, qui si on ne se perd pas, amène à de grands moments de plaisir.


PS : en lisant ce titre , « carte », j’ai tout de suite pensé à « la carte et le territoire » de Houellebecq. Le premier livre de lui que j’ai lu. Très belle écriture. Mais une fois terminé, il ne m’en est pas resté grand-chose, si ce n’est le constat de l’interprétation d’un territoire qu’est la carte. Et d'après mes souvenirs, considéré comme une oeuvre d'art. (mais vois-tu , je ne me souviens plus trop).Pas révolutionnaire non plus. Oui, Houellebecq n’est pas un de mes auteurs favoris. Je le préfère comme acteur, quand il donne la réplique à Depardieu. Très drôle mise en distance! (mais son dernier porno ne m’attire pas. D’ailleurs, est-il sorti?).


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mercredi 4 octobre 2023

IWAK 2023 # 4 Esquive

Cela fait un moment que j’esquive. Ces moments où je devrais dire un peu plus qui je suis à mes proches, où je devrais me révéler. Mais je n’y arrive pas, et suis depuis passé maître dans l’art de l’esquive. Sur mon moi intime, sur mon moi professionnel, sur mon moi tout court. Non pas que je sois hypocrite, je ne le pense pas. Mais, comme « toute vérité n’est pas toujours bonne à dire », j’esquive souvent, par omission. Est-ce lâche ? Peut-être dans certaines situations. Peut-être pas dans d’autres, où j’estime, en me protégeant, protéger aussi les autres et mes proches. J’ai aussi le souci de ne pas mettre les autres en difficulté, et donc ai pris l’habitude d’esquiver parfois certaines réponses à des questions qui pourraient poser des soucis à certain.e.s. 

Ai-je raison ? Permettez-moi d’esquiver.


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mardi 3 octobre 2023

IWAK 2023 # 3 Chemin

 

Tous les chemins mènent à Rome, mais les chemins de la vie et de la destinée ne sont jamais ceux qu’on pensait emprunter. Plus j’avance dans la vie (et dans la sagesse ? Hahah), plus je me rends compte que elle (la vie) ne se déroule jamais comme on l’avait prévu !! Quand j’étais étudiant, je pensais que j’aurais une vie de grand voyageur, habitant aux quatre coins du monde, coureur de jupons effréné avec une femme dans chaque port, et peut-être autant d’enfants, que je deviendrais dentiste, ou danseur (rien à voir!). Le résultat ? Si je voyage pas mal pour mon boulot (et je ne suis ni danseur, ni dentiste!), j’habite en France, et même en province, je suis marié, et j’aime les hommes. Et ceci n’est qu’un exemple de ma vie en général. Mais également, pour des bouts plus spécifiques de ma vie, je me rends compte que rien ne se passe comme prévu.

Que faire face à ça ? peut-être avoir une bonne boussole, pour ne pas se perdre en chemin, à savoir quelques objectifs de vie sur lesquels on se fixe (s’appuyer sur la loi du Droit, plutôt que sur celle du plus fort ; garder de la cohérence ; réduire les sources de soucis pour mettre en valeur dans une même logique tout instant de bonheur, même simple ; ne pas s’encombrer d’inutiles et de superflus (mais qu’est que le superflu?), douter et se remettre en question, se frotter à l’autre (comme le disait Montaigne, mais aussi dans tous les sens du terme « frotter »!), ne pas oublier ni Marc-Aurèle, ni Montaigne ; rester positif, tant que faire se peut ; et certainement quelques autres encore!), le reste n’étant qu’adaptation au Monde, aux imprévus.

J’ai toujours pensé que le désir d’ordre ne pouvait jamais être satisfait, car justement de grands mouvements invisibles (l’Histoire, le Temps) ou tout simplement la Nature ont leurs propres logiques, qui nous dépassent et devant lesquels on ne peut que s’incliner, s’adapter. C’est à Bornéo je crois, que les maison sont construites sur pilotis, pour pouvoir résister aux éventuels inondations et tsunami, qui si ils se produisent, vont juste « soulever » la maison sur pilotis qui flottera sur les eaux jusqu’à retrouver un port stable. J’aime bien cette métaphore pour les chemins de la vie : s’adapter au courant qui passe, flotter sur le désordre ambiant, plutôt que vouloir le maîtriser, jusqu’à retrouver un port d’attache, temporairement.


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IWAK 2023 # 2 Araignée

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J’adore les araignées. Bien rouges, vivantes, qui bavent un peu. Je pense que je n’aimerais pas les entendre crier, quand on les fait souffrir pour notre plaisir à venir. Mais elles sont tellement agréable au palais, tellement raffinées. Évidemment, il a fallu être un peu cruel, éviter que les enfants ou défenseur.e.s de la cause animale à la maison ne nous voient. Je n’ai pas encore ces scrupules, et j’y vais, hardi petit, même si je me dis que quand même, je les fais souffrir.

Une fois bien rouges, après les avoir baignées dans ce bouillon bouillonnant, elles trônent dans mon plat bleu. Ce rouge vermillon vif, sur le bleu , est du plus bel effet. Et ensuite à table…

Sur la Côte Atlantique, on dit que c’est meilleur que le homard (qui est bleu). Je ne mange pas suffisamment de homard (pour cause de prix) pour avoir un avis sur la question. Mais l’araignée de mer, c’est quand même excellent, en plus de permettre un beau moment de convivialité, où il est permis, devant tout le monde, de sucer… les pattes de la bête et nos doigts (à défaut de ceux de nos voisins de table).

lundi 2 octobre 2023

Iwak 2023 #1 rêve

 

Merci à Matoo et à Estef, qui me rappelle Inktober! 

Je vais essayer de relever le defi! 

Comme l'écrit Estef, "A la base il s'agit de produire un dessin ou une ébauche, une illustration, un lettrage, une calligraphie ou une typographie mais comme je ne sais dessiner qu'avec des mots, il s'agira pour moi comme pour d'autres blogueurs de publier un billet par jour sur le thème défini dans la liste". "Pour en savoir plus sur cet évènement international, cliquer ici."

Bon, je suis déjà en retard. Mais je me lance. J'arriverais peut-être à écrire "Araignées" ce soir, c'est le mot du 2 octobre!!

Alors, Rêve!

J’adore rêver.

Parfois, je note mes rêves, car ils m’impressionnent, et me laissent une très forte impression au réveil. J’en ai relaté quelques uns sur ce blog, parce qu’ils m’avaient laissé une profonde impression, telle que en me réveillant, je prenais mon rêve pour une réalité. Ca dure peu de temps. En quelques secondes, la réalité réapparaît, le rêve s’estompe, et parfois disparaît complètement de ma mémoire. Et il ne reste qu’une impression. De bien -être général. Bon, ici, je parle surtout de rêves érotiques, où je me retrouve avec de beaux hommes, dans des situations très sexe. Et très agréables.

Je fais aussi d’autres rêves. Plus communs, dira-t-on. Mais qui me reste marqué profondément. Comme celui-ci où je recevais un coup de poignard dans le dos, et où il me semblait que je passais l’arme à gauche. La grand-mère d’un copain grec , qui interprète les rêves, m’a alors assuré que c’était très bon, que le coup de poignard, c’était de l’énergie que j’allais trouver très bientôt, et que le fait de mourir était aussi bon signe, car signe de vie. J’apprenais ainsi qu’il faut systématiquement interpréter le contraire de ce que l’on voit.

Et puis, comme dit parait-il Freud, seul le rêveur peut interpréter son rêve. Quand quelqu’un te raconte son rêve, tu dois lui poser la question « et pour toi, tu interprètes comment ? Ca correspond à quoi ? » . J’ai un copain qui refuse de raconter ses rêves, il trouve ca trop intime, et a trop peur qu’on décèle des éléments de sa vie intime (ou non intime d’ailleurs).

En ce moment, j’oublie mes rêves le matin. Pas grave.

Tous les soirs, je m’endors en voulant orienter mes rêves. Devinez à quoi je pense en m’endormant, en essayant d’influer sur le contenu de mes rêves ?

vendredi 1 septembre 2023

Rêve de curé et...Kundera

 

J’aurais dû écrire tout de suite. Cela fait quelques jours que j’ai fait ce curieux rêve, où j’étais devenu curé. C’est devenu un peu brumeux, mais en gros, j’étais avec un groupe d’hommes, de curés, qui m’avaient demandé si je voulais bien… être curé. J’avais réfléchi un moment, et puis j’avais dit oui, un peu comme à un mariage. Et avec toute la bande, on était hyper content, comme si on avait joué un bon coup à je-ne-sais-qui, fait une bonne blague. Et on rigolait , on rigolait.. On était tous habillés en blanc, pas ces robes noires de curés tristes, non, plutôt ces robes écrues, de curés qui œuvrent sous les tropiques, de missionnaires, quoi…

En me réveillant, j’étais un peu affolé d’être devenu curé. Il faut dire que les rêves me font souvent forte impression, et en me réveillant, je pense que c’est réel. Mais je me disais que j’étais un peu léger d’avoir dit oui aussi vite… et puis, j’ai repris mes esprits.

En écrivant ce soir, je ne sais trop que en penser. Peut-être que parfois je dis un peu trop vite oui pour la position du missionnaire?(c’est un peu facile, je vous l’accorde!). Ou alors que j’ai un désir caché pour les missionnaires ? Ou pour être curé ? On en découvre des choses en avançant en âge !


Kundera : j’avais relevé quelque part dans ce blog (mais je en retrouve pas)  que Kundera mentionnait que quand l'homme rêve, il est en érection. Je l’ai vérifié tout l’été. Je me rassurais le matin , ou au milieu de la nuit, à toucher mon bâton raide et dur. Avec les curés aussi. Ce sera mon hommage à Kundera (même s'il mérite mieux quand même, j’adore cet auteur!)