dimanche 22 octobre 2017

Sans queue ni tête -3-

**Trop de choses en ce moment pour écrire sur le blog. J'en lis quelques uns, mais je commente très peu. C'est pas nouveau, je l'écrivais déjà ici il y a plus d'un an! Donc pas le temps, mais aussi quelques..

**... Problèmes techniques expliquant également une partie de mon silence sur ce blog: mon ordi a lâché, j'ai dû en changer. Le nouveau retient tout, malgré le fait que les historiques sont supprimés en permanence, et que je nettoie en permanence. Apparaissent des pubs en lien avec les sites visités. Ca peut faire "mauvais genre". L'ordi étant partagé, je ne prends pas de risque, et n'écris donc plus depuis l'ordi où j'écrivais habituellement. Reste mon smartphone, en mode privé qui apparemment ne retient rien (du moins de visible par un proche qui aurait éventuellement la mauvaise idée de venir fouiller dedans, volontairement ou non). Mais je n'arrive pas à écrire correctement sur le smartphone: j'ai besoin de l'écran large, comme "avant", j'avais besoin de la page pour écrire avec un vrai stylo. Peut-être que peu à peu je m'y habituerais.

**Cette question de données protégées ou non me questionnent de plus en plus. Qui de la protection réelle? quid de leur utilisation par les gros groupes privés? les États? il y a des jours où je me dis que je devrais arrêter d'aller sur internet, d'utiliser un ordi , et rester à une terrasse de café pour faire connaissance avec de vrais êtres humains, et pas avec des virtuels. Mais peut-on s'en passer de l'ordi, de internet? 

**A propos d'addiction, mon addiction à l'homme me semble moins forte qu'auparavant: je ne perds plus trop de temps sur les applis de rencontres (enfin!), je ne me sens plus trop en manque. Vieillirais-je? ai-je "réglé" cette question (l'attirance des mecs) dans ma tête? suis-je devenu plus sage, en me disant que la qualité vaut mieux que la quantité, et en restant philosophe, me disant que le hasard (existe-il?)saura mettre sur mon chemin les hommes que je dois rencontrer? (je continue quand même à me retourner dans la rue sur les beaux mecs, j'ai même l'impression que tout le monde s'en rends compte!)
 
**Lu un article dans le monde sur les "PrEP", ces médicaments à prendre avant des rencontres sexes pour se protéger du sida (mais pas du reste). Très très tentant. Vais-je le demander à mon médecin? au risque de le voir de nouveau tomber par terre, même si je sais qu'il ne fera pas de leçon de morale? d'ailleurs, quand je le vois, je pense qu'il a oublié (il n'avait pas noté l'info sur mon dossier médical...pour ceux qui me lisent peu, il s'agissait de l'alerte syphilis d'il y a deux ans maintenant). Mais ça ne protège pas du reste, dont cette putain de syphilis dont la peur de l'avoir chopé m'a finalement assez traumatisé....

**mes bonnes résolutions d'après l'éte: c'est comme le blog, je ne prends plus le temps pour courir et faire mes pompes! Il faut vite que je me reprenne, ma silhouette en prends un coup!

**La politique me fatigue. Je n"y comprends plus rien. Je ne lis, ni n'écoute quasiment plus rien sur ce sujet, notamment en ce qui concerne la France. La Catalogne m'interroge, même si je me sens plutôt plus proche du mouvement indépendantiste (mais mon avis est peu argumenté en fait), et il me semble vraiment qu'on a affaire à deux apprentis sorciers, qui sont très peu habiles pour arriver à leurs fins. Car quelque soit l'issue, il y aura deux camps en désaccord, une région coupée en deux, une région coupée du reste.J'ai l'impression que c'est du gâchis. Mais pourquoi est-il si difficile de dialoguer?

** Balancetonporc et metoo: enfin une bonne nouvelle!très bon billet de Estef, dont je partage tout. Moi qui dit que je n'écoute plus grand chose, j'ai tout autant apprécie Laure Adler, que Julien Doré, ainsi qu'Adjani, sur cette question du harcèlement. Mais putain, combien d'histoires sortent!! Les mecs, vous êtes vraiment dégueulasses!

Et je vous promets quelques posts dans les jours qui suivent.

mercredi 27 septembre 2017

Surprises du quotidien -1-



Parce que le quotidien est parfois bien surprenant. Cette petite histoire est une petite surprise, finalement bien anodine. Parfois, il y en a de très grandes, tellement grandes surprises que même un romancier n'aurait imaginé.

L’autre jour, jour de grève. 

Je dois prendre un TER pour me rendre à la Ville, où j’ai un rendez-vous professionnel. Le site SNCF m’indique que mon train est maintenu.
Je me dépêche alors pour ne surtout pas rater ce train, qui sera peut-être le seul de la matinée. En quittant mon bureau, une envie de pisser phénoménale, mais je préfère ne pas perdre 2 minutes. J’arrive pour une fois 10 minutes en avance. Tout le temps d’acheter mon billet, de filer aux toilettes, qui sont…fermées pour cause de travaux.
L’heure de mon train arrive, mais pas de train à l’horizon. Les minutes passent. Pas d’annonces. Au bout de 20 minutes, je vais me renseigner. J’apprends que le train a été annulé finalement. Le prochain est dans 45 minutes maintenant. Je râle intérieurement. Cela ne sert à rien de revenir à mon bureau, pour n’y bosser que 10 minutes, je préfère rester au soleil du quai.
Mais j’ai envie de pisser, je vais éclater.
Je repère au bout du quai des arbres et un jardinet. J’y jette un œil, mais je suis vu de tout le boulevard si je pisse là. J’avise un parking à côté, avec une haie charmante qui n’attend que moi. Je sors de la gare, me dirige vers le parking et sa petite haie. Des voitures sont garées. Je m’installe devant la première voiture garée, devant la haie. Je suis prêt à ouvrir mon pantalon, quand j’entends une musique derrière moi. Je me retourne. Rien. 

Pourtant la musique est bien là. 

Et là, je distingue au travers du pare-brise largement éclairée par le soleil qui se reflète dessus, la silhouette d’une femme qui attend dans sa voiture en lisant un bouquin. Mais qui se demande ce que je fais devant sa voiture….

Là, tu te trouves un peu surpris, un peu con, et tu repars en sifflotant, comme si de rien n’était. 

Finalement, j’irais attendre sur un banc que le TER arrive pour me jeter dans les toilettes du train, qui heureusement, n’étaient pas en panne.

vendredi 8 septembre 2017

120 battements

Évidemment, tout le monde a déjà commenté la sortie de ce film, vantant haut et fort ses qualités, ses manques, ses défaillances, ses approximations, etc....
Résultat de recherche d'images pour "120 battements par minute"Matoo a dit des choses très justes, Le roncier qui n'a pas vu le film me touche beaucoup et me fait m'interroger sur ce que peut produire le succès de ce film sur ceux qui ont vécu, partagé ces vies,  et je suis pour une fois assez d'accord avec la critique de Télérama.
Une chose est certaine, ce film ne laisse pas indifférent, et les réactions sont diverses selon les personnes, leurs propres expériences.
Je ne ferais pas une longue analyse de ce film, mais  en ce qui me concerne, homme d'abord, cinquantenaire marié, planqué, hétéro crypto homo, bi, ce film m'a beaucoup touché.

Touché car il nous plonge dans la décennie terrible et mortifère du Sida, où la mort est présente chaque jour, et dans un milieu que je n'ai jamais côtoyé. Le film montre l'urgence, l'urgence de vivre, de se défendre, d'aimer, d'agir. Il y a une énergie énorme là-dedans, et cette énergie est communicative. On aurait presque envie d'avoir vécu ça, pour cette énergie, cette passion qui habite tous les personnages. Mais bien sûr qu'on est totalement content de pas avoir eu à vivre ça. Cette manière de filmer le drame, sans être constamment dans le pathos, donne une force terrible à tout le film.

Ensuite, j'ai "découvert" Act Up, que je connaissais de nom, mais c'est tout. Je ne connaissais pas (ou plus) ce côté activiste. Une révélation pour moi. Les discussions en amphi, les codes d'intervention, l'organisation des réunions, tout cela m'a sidéré. Comme quoi, pour gagner des combats, il faut de l'énergie, du sens, et une sacrée organisation.
Il faut aussi des neurones, et ca discute énormément, ca échange. (Même si par moments, c'est un peu long, mais comme le dit Télérama, c'est sans doute une des rares fois où la discussion politique dans un film est bien rendue).
 
Et puis, il y a une très belle histoire d'amour, avec de très beaux moments. Et une scène de sexe entre hommes, comme on en voit rarement au cinéma, qui ne m'a pas du tout étonné, mais qui en a étonné plus d'un-e autour de moi (mais je ne pouvais dire que ce n'était pas une découverte pour moi, deux mecs qui font l'amour...).

Ce film est utile, poignant, touchant, terrible, drôle par moments, énergique, triste mais plein d'espoirs quand même, réaliste je pense. Avec de très bons acteurs.

Il est à voir quoiqu'en dise certains dont je peux comprendre néanmoins les avis, dès lors que l'on a vécu cette période de près.

mercredi 6 septembre 2017

Petit film dans ma petite tête?



Tous les étés, j’essaye de repasser voir des cousins que j’aime bien. Ils habitent dans un pays béni des dieux, où malgré ma bonne connaissance des usages internes, certains codes continuent à m’échapper. Notamment celui de la relation entre les hommes.
Au rez-de-chaussée de leur immeuble, il y a un magasin de réparations et vente de téléphones portables. C’est une petite boutique, toute vitrée. On y voit donc facilement de l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur. Et à chaque fois que je passe devant, je lance un salut poli de la tête ou de la main à l’homme qui fait tourner l’affaire, apparemment seul.
J’avais remarqué l’été dernier un sourire particulier, un regard interrogateur, presque coquin, mais pas tout à fait. En tous les cas, un petit quelque chose qui semblait dire « en es-tu ? Pourrait-on faire affaire ? ».
Mais comme il y a les cousins, que je suis accompagné de ma petite famille, ça ne va pas plus loin. Et on n’a jamais pu vraiment échangé.
Résultat de recherche d'images pour "clin d'oeil homme"Cet été, le jour de mon arrivée, en allant à pied vers la place, avec mes cousins,  je le croise en vélo, sans le reconnaitre. Il me fait un clin d’œil appuyé, que je remarque, bien évidemment, mais apparemment passé inaperçu des cousins qui discutaient et n’avaient pas vu. Je ne l’avais pas reconnu immédiatement, et  ce n’est que quelques minutes plus tard, que je le remets.
Les jours passent.
Je passe souvent devant la vitrine. Parfois il est là, et un échange de salut, rien de plus.
Je m’absente quelques jours.
Je reviens.
Et puis, une fin de matinée, j’attends devant sa vitrine les cousins qui n’arrivent pas.
Il arrive. Il arbore un fier sourire. Parce que je suis seul ?
C’est alors qu’il vient vers moi, et pour la première fois nous échangeons : que fais-tu ? Combien de temps restes-tu ? Où as-tu été ? Et démarre un échange très sympa, qu’on n’avait jamais eu auparavant. Tout ça dans une atmosphère très confiante et amicale.
Fin de l’échange, les cousins sont là.
Impossible de savoir s’il y a dans cet échange juste une manière sympa de nouer contact avec les visiteurs du quartier, ou si il y a un début de jeu de séduction et de drague là-dedans. Je ne connais pas assez les codes, et même dans une ville française, je me poserais sans doute le même genre de questions. 

Mais je me fais peut-être juste un petit film dans ma tête.
La suite dans quelques mois ou l’été prochain ?

dimanche 20 août 2017

Petit boxer de bain bleu



On était arrivé un peu tard. On avait trainé ce matin-là, le soleil était déjà haut, la mer toujours aussi bleue. Notre place à l’ombre était prise, des serviettes y étaient déjà étendues. Leurs propriétaires devaient nager. On s’est donc mis à côté, il restait un peu d’ombre quand même, mais on savait que dans une heure il n’y en aurait plus. 

En sortant de l’eau, les serviettes voisines étaient occupées. 
Enfin, juste une des trois serviettes. 

Il lisait un guide touristique de la région, avait des lunettes aux montures épaisses noires.
 Imberbe. La quarantaine. Musclé et fin. 
Il me faisait penser à Dyonisos

Il portait un boxer bleu ciel, presque du bleu du ciel, ou de la mer qui s’étalait devant nous. On y devinait son sexe reposé. La même couleur que le minimaillot de James Bond (Daniel Craig) sortant de l’eau dans « Casino Royal »….

Sa femme et sa fille sont arrivées. Sa voix était moins séduisante que le corps. 
Mais sa présence physique suffisait à me satisfaire. 

Et je me demandais ce que j’aurais fait si Dyonisos était effectivement arrivé sur une de ces plages de mes vacances, où moi aussi, j’étais en famille.