vendredi 14 août 2009

La vitrine du bureau de tabac

Ils étaient là, près de la vitrine très éclairée
d'un bureau de tabac, parmi beaucoup d'autres.
Leurs regards se croisèrent par hasard,
et le désir inavouable de leur chair
s'y exprima gauchement, avec gêne.
Puis quelques pas hésitants sur le trottoir-
jusqu'à ce qu'ils échangent un sourire, un léger signe.

Alors ce fut la voiture bien fermée...
le rapprochement passionné des corps;
l'union des mains, l'union des lèvres.


Constantin Cavafy, in "En attendant les barbares et autres poêmes" Poésie, Gallimard

lundi 10 août 2009

la magie d'internet

Internet , c'est un peu magique quand même. Je suis impressionné par les personnes que j'ai pu rencontrer sur internet(sur les blogs, sur les reso) qui m'ont vraiment apporté quelque chose...bon, il y a aussi du déchet, certes. Mais , ceux qui en valent la peine rattrapent pour les autres. Et puis, Internet permet de rencontrer des personnes qu'on n'aurait jamais rencontrées autrement: milieux social ou professionnel totalement différents, éloignement géographique, différence de générations, etc...

Certains , je ne vais jamais pouvoir les rencontrer, d'autres , je les vois plus ou moins régulièrement. je suis par exemple en "correspondances épistolaires" par internet avec un mec , plus ou moins mon age, qui bosse à 4 ou 5 000 km d'ici(à vue de nez, enfin, 5 ou 6 heures d'avions!!), patron respectable, qui ressent à peu près les mêmes choses que moi sur à peu près tout...étonnant!!!..on s'est vu deux fois: pour prendre un café, et quelques mois après , dans une chambre d'hôtel!!!..on arrive jamais à faire coincider nos agendas...mais il y a une réelle complicité entre nous...ce pourrait être mon "meilleur copain"..et peut-etre que si on passait une semaine ensemble , on se détesterait...

J'adore ces rencontres virtuelles, qui deviennent parfois réelles, et qui sont très souvent le fruit du hasard.

En pleine rue

Son visage sympathique, juste un peu pâle;
ses yeux marron, légèrement cernés;
vingt-cinq ans, mais en paraissant plutôt vingt;
avec quelque chose d'artiste dans la mise
-un rien dans la nuance de la cravate, la forme du col-
il déambule au hasard de la rue,
comme ébloui encore par le plaisir défendu,
ce plaisir entre tous défendu qu'il vient de connaître.


Constantin Cavafy, in "En attendant les barbares et autres poèmes" Poésie, Gallimard

dimanche 9 août 2009

Vos commentaires

J'adore vos commentaires...d'abord, ils sont sympas..et puis, ils m'apprennent plein de trucs...C'est une vrai surprise , ce blog, par ce que je me risque à écrire et à y publier (je n'aurais jamais cru!), et par les réactions au travers de vos commentaires...continuez donc ..j'adore..
Et puis, il y en a qui m'impressionnent , à lire et commenter tout mon blog d'un coup...je crois avoir répondu à presque tous les commentaires qui appelaient une réponse ou un autre commentaire...merci Dark Angel!!

trop rapide!!!

Un petite histoire pour faire sourire!!

Je dois aller à Paris dans deux jours…je suis seul un matin.. je fais un tour sur le internet, afin de trouver une rencontre rapide… et il faudra que ce soit rapide, car j’ai très peu de temps, une demi heure de libre entre midi et deux… coup de bol, je trouve 2 mecs , apparemment très biens les deux qui me laissent leur tel, l’un près de gare de Lyon, l’autre à république.. Vu le temps que j’ai , j’opte pour gare de Lyon.. je l’appelle vers 13H, pour lui confirmer que j’arrive, avec un peu de retard.. on n'aura pas 30 minutes pour se toucher , mais 15 minutes… j ‘arrive , en courant, en transpiration, je sonne, il ouvre…moi en costume, lui en tenue decontract , plutôt jogging. Je ne sais pas pourquoi , mais en général dans ce genre de situation, je suis très stressé au début, un peu intimidé, sans savoir comment m’y prendre.. Ce jour là, je suis très à l’aise, et rigole pour un rien.. Lui est un peu plus âgé que moi à mon avis, mais on a le même gabarit. Il est homo, en couple, mais son copain vit avec quelqu’un, donc ne le voit que le week end ( ?). Il est sans doute d’origine maghrébine, mais pas sûr, apparemment prof ou intello en tous les cas vu les bouquins qui traînent sur les tables...

Après deux, trois mots, et moi hilare, je lui dis que il faut qu'on se dépêche.. j'ai à peine 15 minutes... on commence à s'enlacer , se toucher, s'embrasser.. plutôt agréable ..assez vite, les mains sur les fesses, puis sur le sexe.. ouverture des chemises, il est hyper poilu, comme j'ai rarement vu... déboutonnage de boutons, les pantalons tombent... des boxers apparaissent ...avec des choses très tendues à l'intérieur, qui se laissent découvrir très vite. .il s'assied sur une espèce de canapé... sa queue droite comme en i, que je prends à pleines mains, très dure, très longue.. apparemment très excité... j'approche mes lèvres, commence à le sucer... et puis en 30 secondes,, j'entends: « arrête, je viens »..et le voilà qui se met à éjaculer... alors là, ça aussi , je n'avais jamais vu.. .Il se confond en excuses.. « je suis trop stressé, avec ce temps limité, je ne peux pas me contrôler. ça m'arrive toujours dans des situations comme cela ». .Moi je me retrouve un peu idiot, la queue raide, mais bientôt pendante... mais je suis totalement hilare.. j'aurais pu être vexé, ou hyper déçu en d'autres temps.... là , je me marre, je ne sais pas pourquoi... « ne t'inquiètes pas, ce n'est pas grave. .de toutes les manières, on ne pouvait pas faire grand chose avec si peu de temps.. et au moins c'est fait pour toi » lui dis-je. Le temps de me rhabiller, échanger deux mots, et me voilà reparti à mon RDV où je n'aurais que 5 minutes de retard...
Bon , la prochaine fois, je ferais plus attention... et morale de l'histoire: si on n'a pas au moins une heure devant soi , mieux ne vaut rien faire, plutôt que de courir n'importe où....

jeudi 6 août 2009

Blog et identité(s): un(e) ou plusieurs

Suite au commentaire de Virginie, concernant Pessoa et les hétéronymes....

Il me semble que l'on a tous plusieurs facettes, peut-être des identités un peu différentes, réunies dans une seule personne que nous sommes...j'aimais bien Amin MAalouf, qui dit( dans "les identités meurtrières" je crois) qu'il est tout autant arabe, libanais, de culture française, fait de plein de trajectoires différentes, et qu'il ne peut être réduit à l'une ou à l'autre, et que aujourd'hui , se dire "je suis français", ou "libanais" ou "xxxx" ne veut plus dire grand chose...et que donc , vouloir réduire dans un cadre restrictif un peuple ou un groupe spécifique(les arabes, les occidentaux, les musulmans, les chrétiens, les bleus, les rouges, les mangeurs d'herbes, et les mangeurs de viandes, etc...) est totalement incohérent, et poursuit-il porteurs d'intolérance et de violences futures.

Pour revenir à ma petite personne, je serais donc au travers de ce blog avec mes particularités, mes traits divers, mes ambigûités et mes contradictions, mes interrogations.

Alors , si il fallait ouvrir un blog pour chaque facette de sa personnalité ou en fonction de chacun de ses intérêts, ce serait très difficile pour moi...déjà , pour un seul, je fais actuellement un gros effort de régularité -que je ne pourrais à mon avis pas tenir dès septembre...- alors en tenir 3, 4, 10 ou plus: impossible pour moi....je préfère tout réunir en un..et je vais peut-etre faire des découvertes sur moi.

A l'expérience de ce mois de "blogage", finalement , je me rends compte que ce que j'ai envie de partager , c'est beaucoup de la poésie, ou une perception poétique de la vie...je ne m'y attendais pas...(bon, il y a aussi d'autres choses , plus hot, certes...).

9a n'a peut-etre pas beaucoup d'intérêts pour vous , ce que j'écris...mais je m'en fiche...moi, ça me sert à faire un peu le point dans ma tête.

mercredi 5 août 2009

Pessoa

Si j'adore Cavafy, je voue une passion similaire pour Pessoa, poête portugais, contemporain de Cavafy, bien que je l'ai beaucoup moins lu. Je l'avais découvert en 1984, à une époque où peu de traductions étaient disponibles. C'est une amie portugaise qui me l'avait fait connaître.

Cette amie m'avait offert "Visages avec masques" de Fernando Pessoa, traduit et présenté par Armand Guibert(qui n'a apparemment rien à voir avec Hervé Guibert..) . Elle avait recopié au début du livre un poème qui me suit depuis ce temps-là, mais que je n'ai pas trouvé dans ce livre. Je ne sais pas de quels recueils il est extrait, ni à quel hétéronyme il appartient:

Je ne suis rien
Je ne serais jamais rien
Je ne peux vouloir être rien
A part ça, je porte en moi
tous les rêves du monde.





PS: Pessoa a écrit sous divers noms d'auteurs (Alberto Caeiro, Alvaro de Campos, Ricardo Reis, etc...), en développant pour chaque nom une oeuvre très particulière et caractéristique, créant ainsi plusieurs auteurs, qui en fait n'en étaient qu'un seul, d'où le terme d'hétéronymes.